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Les quarante et un ans d'existence commune

 

Les quarante et un ans d’existence commune
Se sont effacés vite; un rêve révolu !
Cette Ambassade après les drames de l’élu
Et les soirs scintillants des bords de la lagune,

 

C’est fini. La retraite avec ses infortunes
M’entrave et si j’écris, je ne serai pas lu.
Je me sens m’enfoncer dans le grand inconnu
Comme un lourd promeneur qui marche dans la dune

 

Je suis malade et seul tout auprès de ton charme
Et pour un rien je sens monter les pauvres larmes
De celui qui mourra digne mais délaissé

 

Et nos petits-enfants pourtant tous adorables
Oublieront le contour de nos traits effacés
Ignorant notre amour en fait inexprimable.

 

In André Giovanni, Les plus beaux poèmes d'amour
Anthologie, Le Cherche Midi (1991)

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