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Je n’ai jamais trouvé le calme,
Le beau calme des moments lourds
De pensées douces et d’amour,
Je n’ai jamais goûté les charmes.

 

Je n’ai jamais connu la femme
Des bonheurs purs de chaque jour,
Reflet musant qui chante pour
Nous cacher le bruit dur des rames

 

De ce grand rameur qu’est le temps,
Jamais je n’ai saisi l’instant
Qui fuit en construisant un monde.

 

J’ignore ce monde au cœur fort
Où même l’effroi de la mort
Est lourd de chevelures blondes.

 

Barcelone, avril 1943

 

In Minuit à quatre (1946)

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