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Le soleil, déjà loin du berceau de l'aurore,
Suit son cours et descend de la voûte des cieux.
Dans l'océan du soir, que de pourpre il colore,
Il va plonger bientôt son disque radieux.

De ses rayons brûlants, à cette heure il éclaire
La fête de la Vierge. Ainsi c'est aujourd'hui
Qu'on verra Françonnette, au seuil du sanctuaire,
Implorer de Marie un tutélaire appui.

Sa lamentable histoire est partout répandue ;
Chacun sait qu'au démon son père l'a vendue ;
Mais qu'humblement hardie elle vient, au milieu
De tous ses ennemis, en appeler à Dieu.

C'est partout que le peuple aspire le miracle ;
Le vrai, pour le toucher, doit d'abord l'éblouir ;
Et puisqu'ici du ciel on attend un oracle,
Chacun veut des premiers arriver pour l'ouïr.

          Aussi, bien avant que la cloche
          Pour vêpre ébranle les échos,
          On voit venir de proche en proche,
          Couverts de leurs plus beaux sarraux
          Et tous ayant du vivre en poche,
          Les curieux et les dévots...
          La foule accourt, la foule approche,
          Et dans l'église entre à grand flots.

On s'y presse, on étouffe au milieu des nuages
          D'encens et de parfum.
On dirait que l'église entasse cent villages
                    Dans un.

Extrait de la quatrième partie de Françonnette (1851)

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