*

Il fait un gazouillis suave,
Un chantonnement continu,
Sans souci du ton, de l’octave.
Son crâne au seul frison ténu
Est si blond qu’il paraît chenu.
Par une prudente planchette
Dans son haut fauteuil retenu,
Le petit bébé fait risette.
 
Et puis il désigne, très brave,
Le gros chat, de son doigt menu.
Et puis, quand sa bonne le lave
Et poudre tout son corps charnu,
De vive force maintenu
Jambes en l’air, sans chemisette,
En montrant son derrière nu
Le petit bébé fait risette.
 
Après quoi, longuement, il bave.
Et comme un objet inconnu
Il contemple, rêveur et grave,
Son pied dans ses deux mains tenu.
Et, pris du désir saugrenu
De sucer son bout de chaussette
Auquel il n’est pas parvenu,
Le petit bébé fait risette.
 
Envoi

Épousez-vous, couple ingénu,
Comme Marius et Cosette.
Tout rit lorsque, nouveau venu,
Le petit bébé fait risette.
 
In Les Musardises (1911)

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