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Mon bien-aimé s’en fut chercher l’amour
Dès le matin parmi les fleurs écloses.
Pour le trouver il effeuillait les roses
Couleur du soir, de l’aurore et du jour.
Mon bien-aimé n’a pas trouvé l’amour.

 

Je l’attendais, pâle et grise lavande,
Et tout mon cœur embaumait son chemin.
Il a passé… j’ai parfumé sa main,
Mais il n’a pas vu mes yeux pleins d’offrande.

 

Mon bien-aimé s’en fut chercher l’amour
Au verger mûr quand midi l’ensoleille.
Pour le trouver il goûtait la groseille,

La pomme d’or, la pêche, tour à tour…
Mon bien-aimé n’a pas trouvé l’amour.

 

Je l’attendais, fraise humble à ses pieds toute,
Et mon sang mûr embaumait son chemin.

Hélas ! mon sang n’a pas taché sa main.
Il a marché sur moi, suivant sa route.

 

Vent du ciel ! Vent du ciel ! éparpille mon cœur !
Je n’en ai plus besoin. Ô brise familière,

Perds-le ! Dessèche en moi ma source, éteins ma fleur,
Ô vent, et dans la mer va jeter ma poussière !

 

in Les Chansons et les Heures (1920)

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