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Louis Vaunois et Jacques Bour
Les poètes de la vie. Oeuvres inédites d'auteurs contemporains.
Corrêa, Paris, 1945.
ET
Louis Vaunois et Jacques Bour
« Chemins par Sabine Sicaud »
Maintenant, n° 7, octobre 1947.

          S'il est vrai que pour être  poète il faut avoir une âme d'enfant, Sabine Sicaud fut une des plus pures incarnations de la poésie. Elle mourut à quinze. Son exemple est unique.
          Elle a laissé Poèmes d'Enfant. En quel radieux mystère sont écloses ces merveilles, que se disputeront les anthologies ?
          Sa mère a raconté que jadis elle entendait s'approcher un petit pas léger : Veux-tu que je te lise un autre poème ?
          Et l'enfant lisait avec un grand sérieux ce qu'elle avait écrit à son petit bureau « quand ça la prenait », quand elle avait regardé une fleur ou quand un devoir l'ennuyait.
          Elle écrivait cela à toutes petites phrases, pendant une demi-heure ou dix minutes. Et puis elle allait jouer à la balle, dans le jardin, ou « goûter la sauce »  à la cuisine.
          Un peu plus tard, elle demanda « comment on faisait les vers ». Sa mère lui donna des classiques, qu'elle jugea « rococos », et des contemporains, qu'elle déclara « pas assez clairs ». Elle aima Rollinat, Rostand, Verhaeren...
          Elle fit alors Le Petit Cèpe, qui reçut le Jasmin d'Argent en 1924, et le délicieux Matin d'Automne, qui eut le grand prix des Jeux Floraux de France en 1925. Elle avait douze ans.
          Une enfant de génie.
          Les poèmes inédits que voilà ont été composés par elle pendant sa dernière maladie. Lisez-les. Vous comprendrez pourquoi elle est morte d'une méningite,1 à quinze ans.

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1 Sabine Sicaud ne souffrait pas d'une méningite, mais elle est décédée plutôt d'une ostéomyélite causée par une blessure à la jambe. [Guy Rancourt]

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